Notre climat

Dresser le portrait climatique d’une région n’est pas chose aisée tant les disparités et les variations peuvent être importantes d’une vallée à l’autre, d’un sommet à l’autre, entre deux villes ou encore entre un plateau et une plaine. De la vallée de la Moselle à celle de la Fecht, des plateaux de l’ouest vosgien à la plaine d’Alsace ou encore du Sundgau à la Déodatie, les climats de notre région sont nombreux, influencés par des particularités climatiques locales liées aux reliefs notamment. Nous allons ici mettre en avant quelques grandes caractéristiques qui font les climats de notre région, en se basant sur quelques stations climatiques de référence.

Météo et climat, de quoi parle-t-on exactement ?

Il est important de faire la différence entre ces deux termes trop souvent confondus. La principale différence vient l’échelle de temps de ces deux sciences.

La météo représente en effet l’étude des phénomènes atmosphériques (vent, précipitations, températures, pressions etc.) pour prévoir le temps à une courte échéance, de quelques heures à quelques jours. Le climat, lui, représente l’étude des variations de ces phénomènes atmosphériques à long terme (généralement sur 30 ans) et permet de définir le temps auquel on peut s’attendre, dans une région donnée. La météo peut ainsi être comparée aux vêtements que l’on va mettre pour un jour en particulier ; le climat peut lui être considéré comme le contenu de toute notre garde-robe. Cette dernière représente donc l’ensemble des conditions météorologiques que l’on est susceptible de rencontrer tout au long de l’année.

Quelques chiffres clés
1
en °C, le température annuelle moyenne à Epinal
1
en mm, les précipitations annuelles au Ballon d'Alsace
1
en heures, la durée d'ensoleillement annuelle à Colmar
1
en km/h, le record de vent sur la région, atteint au Markstein
Les températures

Code barre du réchauffement climatique – station de Strasbourg-Entzheim (67) – source Infoclimat

Ce code barre climatique est de plus en plus visible, dans les journaux télévisés ou plus encore dans dans les bulletins dits climat et météo à la télévision. Il permet de représenter de façon très visible et minimaliste un ensemble de données mettant en avant une idée : le réchauffement climatique.

Chaque barre de couleur représente la température moyenne d’une année, ici de 1925 à 2022. Les couleurs sont choisies par rapport à une période de référence, ici la température moyenne entre 1971 et 2020. Une année est en bleu, alors elle a été plus froide que la période de référence. Une année est en rouge (et à plus forte raison rouge foncée), alors l’année a été plus chaude que la période de référence. Les dernières années ressortent ainsi nettement comme étant beaucoup plus chaudes que la référence avec +2,7 °C pour 2022 par exemple.

Cette évolution rapide et récente des températures se retrouve aussi dans les évolutions des occurrences des jours de chaleur et de gel. Le graphique ci-dessous, pour la station d’Epinal (88) met particulièrement bien en avant l’évolution des jours dits de forte chaleur (plus de 30 °C). 2015 apparaît comme une année charnière avec un seuil dépassé à plus de 20 reprises, ce qui s’est reproduit plusieurs fois depuis (2018, 2019, 2020 et 2022) alors que ce n’était arrivé qu’une seule fois en 2003.

A l’inverse, si il gèle en moyenne 78 jours par an à Epinal, ce chiffre pourrait tomber à moins de 60 occurrences par an d’ici 2050 selon des scénarios moyens (source, outil Climadiag de Météo-France).

La pluie

90% des perturbations qui touchent notre territoire viennent de l’ouest et de l’océan Atlantique. En traversant la France, les Vosges apparaissent comme la première barrière à franchir. L’air s’élève, se condense et précipite de façon importante. Sur l’autre versant, l’air redescend, plus sec. C’est le principe de l’effet de foehn auquel nous avons consacré un article ici-même. 

Si vous êtes à la recherche du secteur de France métropolitaine le plus arrosé, chercher dans le massif des Vosges pourrait s’avérer être une bonne idée ! A l’inverse, le classement des préfectures les plus sèches de France vous surprendrait par la place de Colmar sur le podium national. C’est l’une des particularités de notre région, les disparités pluviométriques sont extrêmement fortes. 

Toutes les zones les plus arrosées de métropole sont en montagne avec des précipitations qui sont en partie le fait du relief qui force l’air à s’élever en altitude et à précipiter. Les reliefs des Vosges saônoises sont les plus arrosés avec une moyenne de plus de 2,2 mètres d’eau par an.

A l’inverse, en plaine d’Alsace, souvent soumise au foehn il tombe en moyenne 595 mm à la station de Colmar-Meyenheim, soit quasiment 4 fois moins de précipitations en l’espace de 40 km à peine ! Une situation qui ne connaît pas d’égal en France.

La hausse des températures constatée plus tôt s’accompagne-t-elle de précipitations en déclin ? Pas forcément. Nous avons la chance de bénéficier d’un climat aux influences océaniques assez fortes, permettant régulièrement le passage de perturbations pluvieuses. On le constate avec le graphique ci-dessous, ce sont surtout les variations interannuelles qui sont très fortes. Il tombe en moyenne 1550 mm d’eau par an à Remiremont (88) et cette moyenne n’a guère évolué depuis les années 1950. Deux années sèches se sont rarement succédées.

C’est surtout la répartition des précipitations sur une même année qui évolue et qui devrait continuer à évoluer d’ici 2050. Toujours d’après l’outil Climadiag de Météo-France, que ce soit à Colmar (68), Luxeuil-les-Bains (70) ou encore Epinal (88), le total des précipitations sur une année ne devrait pas diminuer d’ici 2050. En revanche, les précipitations hivernales pourraient augmenter de manière significative, au contraire des précipitations estivales.

La neige

Le sentiment d’hivers de moins en moins enneigés est une réalité, confortée par les chiffres et les observations. Le graphique ci-contre, qui représente le nombre de jours de chutes de neige par an à Remiremont met en évidence une évolution très nette : le nombre de jours de neige par an a diminué d’un tiers en 60 ans. Si il neigeait environ 30 jours par dans les années 1960 dans la cité aux portes des Vosges, il y neige désormais moins de 20 jours par an. 

Les années 1990 marquent un virage important avec pour la première fois au XXe siècle, plusieurs hivers rapprochés pauvres en neige.

La normalité des hivers des années 1960 aux années 1990 tend à devenir remarquable. Pour autant, malgré cette évolution des dernières décennies, l’année ayant été la plus fréquemment neigeuse est paradoxalement celle de 2010. 

L'ensoleillement

Il y a plus de soleil dans les Vosges qu’à Strasbourg, est-ce vrai ou faux ? Et bien c’est vrai ! Le jeu des inversions thermiques sous anticyclone en période hivernale, au bénéfice du massif vosgien en terme d’ensoleillement, ne font, à l’inverse, pas du tout les affaires de la plaine d’Alsace soumise à la grisaille et la pollution.

C’est ainsi, qu’en moyenne, les brouillards sévissent 51 jours par an à Strasbourg (45 à Mulhouse), en faisant une des régions les plus touchées par ce phénomène. On reste cependant loin des 96 jours annuels de la préfecture ardennaise, Charleville-Mézières (08). Cela s’en ressent sur l’ensoleillement annuel puisqu’en moyenne on mesure 1747 heures de soleil à Strasbourg, c’est moins qu’à Épinal avec ses 1760 heures. C’est en revanche plus que Paris (1717 heures) ou la Bretagne (1450 heures) mais presque deux fois moins que le Var avec ses 2900 heures. Colmar, moins soumise que Strasbourg aux brouillards, fait en revanche mieux avec 1882 heures de soleil par an.

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